Peut-on être correctrice ET favorable à l’évolution de la langue ?
- mathildeceylan
- 18 juin 2025
- 2 min de lecture
A priori, mon métier semble plutôt me faire pencher du côté de la tradition, mais… vous avez certainement remarqué que ce n’est pas vraiment mon cas 😅
« Mais tu te tires une balle dans le pied, non ? »
Peut-être que mes opinions, plutôt tranchées, m’ont valu de passer à côté de certaines collaborations. Mais je pense que ce sont les personnes qui renoncent à mes services pour ces raisons qui sont perdantes.
Car elles se privent d’une correctrice qui, en plus d’avoir les qualités inhérentes au métier, est capable de jongler entre différents « systèmes » de règles orthographiques.
Et ça, sans vouloir me vanter, je crois que ça a quand même une certaine valeur !
De toute façon, vu le temps nécessaire pour accepter puis mettre en pratique de nouvelles règles, je serai sûrement à la retraite, voire déjà morte, lors de la prochaine réforme vraiment significative ! S’il y en a une 🤭
Et même si on simplifiait l’orthographe, ce serait probablement léger et elle resterait difficile pour bon nombre de personnes. Car je pense que, au-delà de notre intérêt pour les mots ou de la quantité de livres qu’on lit, tout le monde n’est pas sur un pied d’égalité face à l’orthographe.
Je le vois avec mes garçons : tous deux passent beaucoup de temps plongés dans des bouquins, mais l’aîné a tendance à écrire de manière phonétique alors que son frère semble avoir une orthographe plus intuitive.
Est-ce que certaines personnes ont une facilité pour l’orthographe, tout comme d’autres ont l’oreille musicale ou sont capables de visualiser les choses en trois dimensions sans effort ?
Je n’en sais rien, mais je suis consciente que mon aisance en orthographe est une chance et qu’elle n’est pas donnée à tout le monde. C’est juste une compétence comme une autre. Qui aurait l’idée de nous stigmatiser parce qu’on ne sait pas faire le grand écart ? Alors pourquoi le faire quand il s’agit d’orthographe ?
Qu’on ait des troubles avérés ou non, on ne devrait pas subir de remarques désobligeantes sur notre manière d’écrire. Oui, certaines erreurs peuvent créer des quiproquos plus ou moins drôles, mais le jugement et la moquerie n’ont pas leur place 🙅🏻
C’est pour ça que je ne relève jamais les erreurs dans les messages reçus de mes ami·es ou de ma famille. Et dans le cadre de mes missions professionnelles, je corrige en restant factuelle et bienveillante.
D’ailleurs, ce mot, corriger… Est-ce que, pour vous aussi, il renvoie plus à l’erreur, la faute, le défaut, qu’à l’action de modifier, remédier, améliorer ? 🤔
Bref, vous l’aurez compris* : on peut être correctrice ET favorable au changement !
Sinon, ça voudrait dire que je n’existe pas… et que je suis, au mieux, un fantôme ou un produit de votre imagination 👻 et au pire, une IA 😱
* Ou pas, parce que ma réflexion a pris des chemins de traverse et qu’il y aurait encore tant à dire (et à nuancer !). Mais je crois que mon cœur a parlé… Vous me pardonnez ?





