Pourquoi se mettre à l’écriture inclusive ?
Vous vous demandez peut-être à quoi sert l’écriture inclusive. Osons les grands mots : si on l’utilise, c’est parce qu’on vise à une plus grande égalité entre les femmes et les hommes. Eh oui, rien que ça !
L’écriture inclusive n’est pas une baguette magique…
Mieux vaut le préciser d’emblée… On est bien d’accord qu’elle ne va pas faire disparaître les inégalités du jour au lendemain. Et on sait que, dans des sociétés où l’on parle des langues pourtant moins sexistes que le français, l’égalité est encore loin d’être atteinte. Car les causes des inégalités entre femmes et hommes sont nombreuses, et la langue n’en est qu’une parmi d’autres.
De la même manière, utiliser un langage non sexiste est un combat parmi d’autres pour tendre vers plus d’égalité. Il n’est pas moins noble que la lutte contre les violences faites aux femmes ou les inégalités salariales. Et il n’empêche pas de se battre d’autres manières contre les inégalités, ni de se battre pour d’autres causes. Hiérarchiser les combats ne fait pas progresser les choses !
… mais elle est à la portée de toutes et tous
Comme la plupart des gens, je ne suis pas outillée pour lutter efficacement contre les violences conjugales ou les inégalités de salaire. Écrire de manière inclusive, en revanche, fait partie de mes capacités, et peut aussi devenir une de vos compétences. Car donner plus de visibilité aux femmes dans le langage, c’est relativement simple à faire, moyennant un peu d’entraînement et quelques efforts. Et ça aide à lutter contre les stéréotypes et les discriminations qu’elles subissent encore trop souvent. Si chacune et chacun s’y met, on pourra alors voir apparaître, petit à petit, une société plus égalitaire.
Le problème du masculin en français
Attention à ne pas tout mélanger : être pour l’écriture inclusive ne veut pas dire être contre les hommes. On parle du genre masculin dans la langue, rien de plus.
Pour rappel, le français n’a que deux genres :
– le masculin (qu’on appelle spécifique), pour parler d’un ou plusieurs hommes,
– et le féminin, pour parler d’une ou plusieurs femmes.
Et quand on est en présence d’un groupe mixte, ou dont on ne connaît pas la composition, on utilise aussi le masculin, qu’on dit générique et qui serait alors neutre.
La fameuse règle du masculin qui l’emporte
On a toutes et tous appris cette règle à l’école, mais pourquoi est-ce le masculin qui devrait l’emporter sur le féminin ? Parce qu’un jour, il y a plusieurs siècles, quelques individus qui pensaient que les hommes étaient plus nobles que les femmes en ont décidé ainsi. En réalité, d’un point de vue linguistique, rien ne justifie que le masculin prime sur le féminin. L’inverse non plus, d’ailleurs.
Et si on inversait les rôles, justement ? Face à un groupe majoritairement masculin, personne ne songe à accorder au féminin et à écrire : les joueurs, leurs entraîneurs et la présidente du club ont été acclamées. Pourquoi donc accepter d’écrire : le chanteur, ses musiciennes et ses danseuses sont montés sur scène ? Et quand on utilise le féminin générique, l’expérience montre que les hommes se sentent exclus. Alors pour quelle raison les femmes se sentiraient-elles incluses avec le masculin générique ?
Le masculin générique n’est pas neutre
Vous me direz peut-être que derrière les mots « patients », « spectateurs » ou « politiciens », vous visualisez autant des femmes que des hommes. C’est peut-être ce que vous croyez, mais la recherche montre que quand on entend un mot au masculin, notre cerveau pense d’abord à des hommes et qu’il peine à imaginer des femmes dans le groupe. On se rend compte qu’elles sont incluses seulement lorsque d’autres éléments de la phrase le prouvent : mes clients sont satisfaits de mes prestations, et certaines ont même transmis mes coordonnées à leur mari. Mais sans ces indices, le masculin reste ambigu : parle-t-on d’un groupe mixte ou composé exclusivement d’hommes ?
Les avantages de passer à l’écriture inclusive
Une communication plus inclusive permet de refléter vos valeurs d’ouverture, et donc d’attirer – et fidéliser – toute personne qui se reconnaît dans ces valeurs, peu importe son genre. Pour autant que ce soit sincère de votre part, et pas juste de l’inclusivité de façade.
L’égalité femmes-hommes est une préoccupation pour une grande part de la population. S’y montrer sensible attire les faveurs de tous ces gens, et notamment des jeunes générations.
Les personnes que vous ciblez ont plus de chances de s’intéresser à ce que vous dites – ou à ce que vous vendez – si elles se sentent concernées lorsque vous vous adressez à elles.
Les femmes représentent un grand potentiel – en compétences, en influence, ou encore en pouvoir d’achat. Pourquoi se priver de ce que la moitié de la population a à offrir ?
Renoncer à vous adresser à votre audience au masculin générique est un signe clair : vous montrez votre volonté que chaque personne se sente incluse et respectée.
L’écriture inclusive s’adresse à tout le monde
Si vous êtes freelance ou en formation, si vous travaillez dans les médias ou représentez une association ou une institution, si vous avez votre propre entreprise ou travaillez pour quelqu’un d’autre, il n’y a aucune contre-indication !
Je vous invite à lire mes autres articles sur le sujet pour en apprendre un peu plus sur le point médian et les autres techniques inclusives, et pour découvrir quelques ressources inclusives.
Et si tout cela vous intimide ou si vous redoutez que ça déplaise à votre lectorat, je peux vous accompagner pour rendre votre communication plus inclusive sans l’alourdir ni la dénaturer.